Sommaire
- Reconnaître la Casserole dans le ciel
- Où regarder
- Pourquoi on la voit toute l’année
- Pourquoi ce nom
- Les sept étoiles de la Casserole
- Deux points à retenir
- Mizar et Alcor : le petit test de la Casserole
- Ce que vous verrez
- Les chemins de la Grande Ourse
- Vers l’étoile polaire
- Vers Arcturus et Spica
- Vers Régulus
- Où trouver la Grande Ourse selon les saisons
- Pourquoi sa position change
- Ce que vous verrez vraiment
- À l’œil nu
- Aux jumelles
- Au télescope
- Grande Ourse, Petite Ourse, Cassiopée : ne pas les confondre
- Avec Cassiopée
- Le repère le plus simple
- Dans le même coin de ciel
En bref
- La Grande Ourse sert de point de départ pour se repérer dans le ciel depuis la France, dans l’hémisphère nord.
- Sa Casserole réunit sept étoiles faciles à reconnaître, avec Mizar et Alcor comme test de vue à l’œil nu.
- Dubhe et Merak guident vers l’étoile polaire, et la courbe du manche mène vers Arcturus puis Spica.
- Elle reste visible toute l’année, mais sa hauteur change selon les saisons, haute au printemps, basse à l’automne.
- Aux jumelles, les étoiles faibles ressortent mieux ; au télescope, M81, M82 et M97 demandent un ciel sombre.
- 3e
- rang par la superficie parmi les 88 constellations de l’UAI
- 7 étoiles
- dans la Casserole
- toute l’année
- visible depuis la France, avec une hauteur qui change
- environ 1,8
- magnitude pour la plus brillante des sept, Alioth
La Grande Ourse est une constellation que l’on apprend tôt, puis que l’on réutilise toute sa vie d’observateur. En astronomie, son nom latin, Ursa Major, revient souvent, car il sert de référence dans les cartes du ciel et dans les catalogues. Dans les encyclopédies, elle est souvent citée pour sa forme en chariot ; sur le terrain, c’est surtout une grande figure du ciel boréal qui aide à lire l’horizon et à se repérer.
Nous partons d’abord de sa figure la plus simple, la Casserole, puis des alignements qu’elle donne dans l’espace du ciel, puis de sa place selon les saisons.
Les noms, les lettres grecques et les magnitudes viennent des références usuelles de l’astronomie, surtout l’UAI et SIMBAD. Pour la science du ciel, c’est une bonne habitude : garder le nom traditionnel, puis vérifier la réalité observée.
Avant de détailler, une précision utile : la Casserole est un astérisme, c’est-à-dire une forme d’étoiles facile à reconnaître.
La constellation est la zone de ciel entière qui lui est attribuée par l’Union astronomique internationale.
Les deux notions ne se recouvrent pas exactement, et c’est souvent là que les débutants se mélangent les pinceaux.
Reconnaître la Casserole dans le ciel
Où regarder

Vers le nord.
La figure se compose de quatre étoiles pour la cuve et de trois pour le manche.
Certains y voient un grand chariot, d’autres une casserole.
Les deux lectures marchent, et c’est bien pour ça que la figure reste mémorable. La légende grecque relie cet ensemble à Callisto, changée en ourse puis placée dans le ciel.
Pourquoi on la voit toute l’année
La Grande Ourse est circumpolaire depuis la France métropolitaine.

Cela veut dire qu’elle tourne autour du pôle céleste sans passer sous l’horizon.
Un relief, des arbres ou des immeubles peuvent la masquer quand elle est basse, surtout près de l’horizon nord.
Son mouvement est lent à l’œil, mais il existe bel et bien.
Au fil de la nuit, la Casserole tourne autour du pôle céleste dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Au printemps, elle est haute le soir.
À l’automne, elle rase plus volontiers l’horizon nord.
C’est une constellation commode, mais pas figée.
Pourquoi ce nom
La tradition grecque associe cette figure à Callisto, changée en ourse puis placée dans le ciel.
La mythologie explique le nom, pas l’astronomie.
Les étoiles, elles, n’ont rien d’un dessin gravé dans l’espace.
Les sept étoiles de la Casserole
La magnitude apparente indique l’éclat vu depuis la Terre : plus le nombre est petit, plus l’étoile est brillante.
Les valeurs ci-dessous sont arrondies d’après SIMBAD et les références de l’UAI.
Quand une valeur varie un peu selon les sources ou les catalogues, nous gardons un ordre de grandeur propre à la lecture du ciel.
| Étoile | Désignation | Position dans la figure | Magnitude | Distance | Source |
|---|---|---|---|---|---|
| Dubhe | α UMa | coin de la cuve, pointeur | environ 1,8 | environ 120 années-lumière | SIMBAD, UAI |
| Merak | β UMa | fond de la cuve, pointeur | environ 2,4 | environ 80 années-lumière | SIMBAD, UAI |
| Phecda | γ UMa | fond de la cuve, côté manche | environ 2,4 | environ 83 années-lumière | SIMBAD, UAI |
| Megrez | δ UMa | jonction cuve et manche | environ 3,3 | environ 81 années-lumière | SIMBAD, UAI |
| Alioth | ε UMa | premier du manche | environ 1,8 | environ 82 années-lumière | SIMBAD, UAI |
| Mizar | ζ UMa | milieu du manche | environ 2,2 | environ 83 années-lumière | SIMBAD, UAI |
| Alkaid | η UMa | bout du manche | environ 1,9 | environ 104 années-lumière | SIMBAD, UAI |
Deux points à retenir
L’ordre des lettres grecques ne suit pas toujours l’ordre de l’éclat.
Alioth, par exemple, est epsilon et non alpha.
Ensuite, ces sept étoiles ne forment pas un seul groupe physique compact.
Elles se voient ensemble depuis notre point de vue, mais elles ne sont pas toutes nées au même endroit.
Le cas de Dubhe est parlant : elle est la plus lointaine de la liste, autour de 120 années-lumière.
Sa lumière a donc quitté l’étoile au début du XXe siècle.
Ce genre de détail remet vite les choses à leur place.
Le ciel donne une image commune, pas une proximité réelle.
Mizar et Alcor : le petit test de la Casserole
Où regarder
Mizar est l’avant-dernière étoile du manche.
Alcor est sa voisine, plus faible, juste à côté.
Les deux forment un duo que beaucoup de débutants aiment chercher, parce qu’il donne un verdict immédiat.
L’écart angulaire entre Mizar et Alcor est d’environ 12 minutes d’arc.
Pour comparer, le disque de la Pleine Lune mesure environ 30 minutes d’arc.
Autrement dit, les deux étoiles sont séparées par un angle nettement visible si le ciel est noir et si l’œil est bien adapté à l’obscurité.
Ce que vous verrez
Par bon ciel, deux points distincts à l’œil nu.
Avec de la pollution lumineuse, il arrive qu’Alcor disparaisse et que Mizar semble seule.
Aux jumelles, le doute tombe vite, la paire se sépare sans effort.
C’est l’une des raisons pour lesquelles nous recommandons souvent les jumelles pour commencer, même sur une cible très simple.
Mizar a une particularité de plus : elle est elle-même double, et un télescope permet de séparer ses composantes.
Ce n’est pas un test de vue au sens médical.
La transparence du ciel, la turbulence, la fatigue ou le simple manque d’habitude changent le résultat.
Un œil qui rate Alcor une nuit peut la retrouver la suivante.
Les chemins de la Grande Ourse
La Casserole ne sert pas seulement à être reconnue.
Elle sert de règle de lecture pour tout le ciel du nord et du printemps.
Nous aimons bien ce genre de figure, parce qu’elle ne fait pas semblant d’être décorative.
Elle donne des directions.
Vers l’étoile polaire
Tracez une ligne de Merak vers Dubhe, puis prolongez-la d’environ cinq fois l’écart entre ces deux étoiles.
Vous tombez sur Polaris.
C’est la méthode la plus simple pour trouver le nord céleste, et c’est pour cela que la Grande Ourse reste si utile.
La page dédiée donne le détail de la méthode, si vous voulez la refaire pas à pas.
La Grande Ourse n’indique pas le nord par elle-même.
C’est Polaris qui joue ce rôle, parce qu’elle se trouve tout près du pôle céleste nord.
La Casserole tourne autour d’elle, et cette rotation est justement ce qui rend l’alignement exploitable.
Vers Arcturus et Spica
Suivez la courbe du manche, en partant d’Alioth, en passant par Mizar puis Alkaid, et prolongez cette courbe.
Elle mène à Arcturus, dans le Bouvier.
Ce trajet est classique au printemps, quand la Casserole est haute dans le ciel du soir.
Poursuivez ensuite vers Spica, dans la Vierge.
Là aussi, la logique est simple : on ne saute pas d’un seul coup d’œil à une étoile lointaine, on prolonge une direction.
C’est plus fiable que de se fier à un souvenir flou de planisphère ou d’application mobile de navigation.
Vers Régulus
Régulus, dans le Lion, se repère à partir de la cuve.
Il faut prolonger vers le sud la ligne qui passe par Phecda et Merak, du côté opposé à Dubhe.
Ce repère est moins immédiat que les deux précédents, et il mérite d’être vérifié sur une carte du ciel si vous débutez.
Nous le gardons surtout pour les nuits de fin d’hiver et de printemps, quand le Lion monte bien en soirée.
| Chemin | Point de départ | Étoile d’arrivée | Constellation | Meilleure saison |
|---|---|---|---|---|
| Vers Polaris | Merak, Dubhe | Polaris | Petite Ourse | toute l’année |
| Vers Arcturus | courbe du manche | Arcturus | Bouvier | printemps, début d’été |
| Vers Spica | prolongement d’Arcturus | Spica | Vierge | printemps, début d’été |
| Vers Régulus | cuve, côté sud | Régulus | Lion | fin d’hiver, printemps |
Où trouver la Grande Ourse selon les saisons
Pourquoi sa position change
La Terre tourne sur elle-même, donc la figure avance au fil de la nuit.
Elle tourne aussi autour du Soleil, donc elle n’occupe pas la même place à heure égale d’une saison à l’autre.
Le tableau suivant donne un repère pratique à 22 h en heure légale française.
Ce n’est pas une photographie du ciel, juste une lecture de carte.
| Saison | Heure de référence | Où est la Casserole | Cuve vers… |
|---|---|---|---|
| Printemps | 22 h | très haut, près du zénith, au nord | le bas |
| Été | 22 h | haute à l’ouest du pôle, manche vers le bas | le pôle |
| Automne | 22 h | basse, au nord, près de l’horizon | le haut |
| Hiver | 22 h | à l’est du pôle, manche vers le haut | le haut |
Au printemps, c’est le moment le plus confortable pour la trouver le soir.
La figure est haute, les alignements se lisent bien, et le manche dessine une belle courbe.
À l’automne, elle devient plus discrète, presque collée à l’horizon nord.
C’est normal.
Elle ne disparaît pas, elle se contente de passer bas.
Ce que vous verrez vraiment
À l’œil nu
Vous voyez d’abord les sept étoiles de la Casserole.
Sous un bon ciel, quelques étoiles plus faibles complètent la Grande Ourse entière, mais la figure de base reste l’élément que tout le monde retient.
Si le fond du ciel est gris ou laiteux, vous perdez vite les plus faibles, alors que les sept principales restent lisibles.
Aux jumelles
Le ciel devient plus net que spectaculaire.
C’est là qu’on gagne sur les étoiles faibles et qu’on sépare plus facilement Mizar et Alcor.
C’est aussi avec des jumelles que M81 et M82 commencent à être intéressantes.
Ces deux galaxies apparaissent comme deux taches pâles, floues, proches l’une de l’autre, dans la partie nord de la constellation.
Il faut un ciel sombre, sinon elles s’écrasent dans le fond de ciel.
Au télescope
La nébuleuse planétaire M97, la nébuleuse du Hibou, prend le relais.
Vous ne verrez pas le hibou des photos grand public.
Vous verrez un disque faible, diffus, gris, parfois un peu plus net selon le diamètre et le ciel.
Les fameux yeux sombres restent réservés aux images longues poses ou aux gros instruments très bien utilisés.
C’est la distinction qu’il faut garder en tête.
Une photo en longue pose montre des bras spiraux, des couleurs et des détails que l’œil n’attrape pas à l’oculaire.
Le télescope donne autre chose : moins d’éclat, mais une présence réelle de l’objet, sur le moment.
Grande Ourse, Petite Ourse, Cassiopée : ne pas les confondre
Grande Ourse
- Grande Casserole, étoiles bien visibles
- Troisième constellation par sa superficie
- Visible toute l’année depuis la France
- Sert de point de départ pour trouver Polaris
Petite Ourse
- Petite casserole, étoiles plus faibles
- Bien plus petite
- Circumpolaire aussi
- Polaris ferme le manche
Avec Cassiopée
Cassiopée, elle, se lit autrement.
Son « W » de cinq étoiles se trouve de l’autre côté du pôle.
Quand la Grande Ourse monte, Cassiopée descend, et l’inverse se produit quelques heures plus tard.
C’est pratique, parce que l’une prend parfois le relais de l’autre quand le nord est encombré par un arbre ou un bâtiment.
Le repère le plus simple
Pour un premier repérage, nous trouvons la Grande Ourse plus simple que la Petite Ourse.
Elle est plus lumineuse, plus nette, et sa Casserole ne demande pas un ciel parfait pour être trouvée.
La Petite Ourse reste utile, bien sûr, mais elle pardonne moins les nuits moyennes.
Dans le même coin de ciel
- Les constellations : les 88, et celles qu’on reconnaît depuis la France
La carte du ciel saison par saison.
- Trouver l’étoile polaire : la méthode, et pourquoi elle ne bouge pas
La méthode complète pour la repérer.
