Sommaire
  1. Les huit planètes dans l’ordre, avec ce qu’on en voit
  2. Comment retenir l’ordre des planètes
  3. Les grandes familles d’objets
  4. Le Soleil
  5. Les quatre planètes rocheuses
  6. La ceinture d’astéroïdes
  7. Les géantes
  8. Les satellites naturels
  9. Pluton, Cérès et les planètes naines
  10. Ce que vous verrez vraiment, depuis un jardin
  11. À l’œil nu
  12. Aux jumelles
  13. Avec une lunette de 60 mm
  14. Avec un télescope de 200 mm
  15. Le Soleil et la Lune, deux cibles à part
  16. Les petits corps : astéroïdes, comètes et régions lointaines
  17. Les distances : de l’UA à l’année-lumière
  18. Par où commencer : le parcours dans ce dossier
  19. Pour aller plus loin

En bref

Le système solaire, c’est le Soleil et tout ce qui tourne autour de lui : 8 planètes, des planètes naines, des astéroïdes et des comètes. Depuis la France, à l’œil nu, vous pouvez voir Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Uranus est à la limite de l’œil nu sous un ciel excellent, mais demande en pratique des jumelles et une carte ; Neptune demande des jumelles ou un télescope, et un ciel bien noir. Le tableau ci-dessous dit ce qu’on voit vraiment, avec quel instrument et à quelle famille appartient chaque objet. Ne regardez jamais le Soleil sans protection : seules les lunettes ISO 12312-2, un filtre solaire placé devant l’instrument, ou la projection sont sûrs.

Ce dossier s’adresse à celui qui lève les yeux et veut savoir ce qu’il regarde : quoi viser, quand le faire, et ce qu’on verra vraiment. Nous allons du plus accessible au plus utile sur le terrain, puis nous revenons aux familles d’objets et aux distances.

Les huit planètes dans l’ordre, avec ce qu’on en voit

Le tableau donne, pour chaque objet, les données physiques utiles et trois repères d’observation : l’éclat maximal, l’instrument minimal et la période la plus intéressante autour des prochaines élongations ou oppositions publiées par l’IMCCE.

Image de la vidéo « Le Système solaire CM1 - CM2 - 6ème - Cycle 3 - Sciences et technologie » de Maître Lucas
Le Système solaire CM1 - CM2 - 6ème - Cycle 3 - Sciences et technologie

Trois notions suffisent pour lire la table. La magnitude mesure l’éclat d’un astre : plus le nombre est petit, parfois négatif, plus l’astre est brillant. L’opposition désigne le moment où une planète extérieure se trouve à l’opposé du Soleil dans le ciel, donc au plus près de la Terre et visible toute la nuit. L’élongation mesure l’angle entre une planète et le Soleil vu depuis la Terre : c’est pourquoi Mercure et Vénus ne s’éloignent jamais beaucoup du crépuscule ou de l’aube.

Une unité astronomique, ou UA, vaut la distance Terre Soleil, soit environ 150 millions de km.

Objet Distance au Soleil (UA, environ) Taille (ordre de grandeur) Période orbitale (environ) Lunes Magnitude de repère Instrument minimal Meilleure période publiée
Mercure 0,4 un peu plus du tiers de la Terre 88 jours 0 de -0,3 à +0,7 aux grandes élongations 2026-2027 œil nu, difficile autour des grandes élongations : 20 novembre 2026 le matin, 3 février 2027 le soir, 17 mars 2027 le matin, 28 mai 2027 le soir, 15 juillet 2027 le matin, 24 septembre 2027 le soir, 4 novembre 2027 le matin
Vénus 0,7 presque comme la Terre environ 225 jours 0 très brillante, jusqu’à environ -4 selon les configurations œil nu grande élongation du 3 janvier 2027 le matin ; prochaine grande élongation du soir le 22 mars 2028
Terre 1 1, référence 1 an 1 sans objet sans objet sans objet
Mars 1,5 un peu plus de la moitié de la Terre environ 1,9 an 2 très variable ; autour de l’opposition, elle peut devenir plus brillante que toutes les étoiles œil nu ; 200 mm pour les détails opposition du 19 février 2027 ; la suivante tombe le 25 mars 2029
Jupiter 5,2 environ 11 fois la Terre environ 12 ans 115 environ -2 à -3 autour de l’opposition œil nu ; jumelles pour les lunes opposition du 11 février 2027 ; la précédente était le 10 janvier 2026
Saturne 9,6 environ 9 fois la Terre environ 29 ans 293 autour de 0 selon les configurations œil nu ; 60 mm pour les anneaux oppositions du 4 octobre 2026 et du 18 octobre 2027
Uranus 19 environ 4 fois la Terre environ 84 ans 28 autour de 5,7, à la limite de l’œil nu jumelles, ciel sombre et carte oppositions du 25 novembre 2026 et du 30 novembre 2027
Neptune 30 environ 4 fois la Terre environ 165 ans 16 autour de 7,7, invisible à l’œil nu jumelles ou télescope de 200 mm oppositions du 26 septembre 2026 et du 28 septembre 2027
Cérès environ 2,8 moins du dixième de la Terre environ 4,6 ans 0 variable, généralement aux jumelles quand elle est bien placée jumelles avec carte à chercher près de ses oppositions, avec éphémérides à jour
Pluton environ 39 en moyenne environ le cinquième de la Terre environ 248 ans 5 autour de 14 télescope bien supérieur à 200 mm et carte précise hors de portée d’un instrument d’amateur courant
Hauméa environ 43 planète naine, environ un septième de la Terre environ 285 ans 2 trop faible pour un débutant instrument hors de portée amateur courant sans objet
Makémaké environ 46 planète naine, plus petite que Pluton environ 306 ans 1 trop faible pour un débutant instrument hors de portée amateur courant sans objet
Éris environ 68 en moyenne planète naine, environ un cinquième de la Terre environ 557 ans 1 trop faible pour un débutant instrument hors de portée amateur courant sans objet

Données physiques et orbitales : NASA Planetary Fact Sheet et fiches NASA sur les planètes naines, arrondies pour l’observation. Dates d’élongation et d’opposition : IMCCE, Observatoire de Paris. Les nombres de lunes évoluent avec les confirmations d’orbites : ceux de Jupiter et de Saturne reprennent les décomptes de NASA Science en 2026, les autres la Planetary Fact Sheet de la NASA. Mise à jour de cette page : 2 novembre 2026.

À l’œil nu, cinq planètes se voient facilement, sous forme de points fixes et brillants qui scintillent peu. Uranus se traite comme une cible aux jumelles avec carte. Dans une lunette de 60 mm ou un télescope de 200 mm, Jupiter, Saturne et Mars apparaissent comme de petits disques, jamais avec les couleurs ni la finesse d’une photographie en longue pose.

Comment retenir l’ordre des planètes

Prenez les initiales M, V, T, M, J, S, U, N et composez une phrase qui vous parle : on la retient mieux qu’une formule plaquée.

Repère plus solide : quatre planètes rocheuses d’abord, Mercure, Vénus, la Terre et Mars, puis quatre géantes, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Les petites sont proches du Soleil et faites de roches et de métaux, les grandes sont plus loin et dominées par les gaz ou les glaces. On parle aussi de planètes telluriques pour les quatre intérieures.

Les grandes familles d’objets

Le Soleil

Le Soleil rassemble environ 99,85 % de la masse du système solaire. C’est une étoile ordinaire, qui produit son énergie par fusion de l’hydrogène en hélium. Sa surface ne tourne pas comme une boule solide, ce qui compte pour comprendre son champ magnétique et ses taches.

Les quatre planètes rocheuses

Mercure, Vénus, la Terre et Mars sont petites, denses et proches du Soleil, avec une surface solide. Leurs paysages diffèrent : une surface sèche et criblée de cratères pour Mercure, brûlante et voilée pour Vénus, des mers et des continents sur la Terre, des plaines poussiéreuses et des volcans géants sur Mars.

La ceinture d’astéroïdes

Elle s’étend entre Mars et Jupiter : un anneau de petits corps rocheux, dont Cérès est le plus gros. Ce n’est pas un nuage serré, les distances entre objets y restent gigantesques. Vesta, l’un des astéroïdes les plus connus, a été étudié de près par la sonde Dawn de la NASA.

Les géantes

Jupiter et Saturne sont des géantes gazeuses, faites surtout d’hydrogène et d’hélium. Uranus et Neptune sont souvent classées à part comme géantes glacées, car elles contiennent davantage d’éléments plus lourds. Voyager, Cassini et d’autres missions de la NASA et de l’ESA nous ont appris l’essentiel de ce que nous savons sur elles.

Les satellites naturels

Ce sont les lunes qui tournent autour des planètes et de certains petits corps. Mercure et Vénus n’en ont pas. Pour Jupiter et Saturne, le nombre grimpe si vite que l’inventaire change d’une année sur l’autre. Il ne faut pas les confondre avec les satellites artificiels.

Pluton, Cérès et les planètes naines

En 2006, l’Union astronomique internationale a défini une planète comme un corps en orbite autour du Soleil, assez massif pour être arrondi, qui a dégagé le voisinage de son orbite. Pluton ne remplit pas la dernière condition : elle partage sa région avec de nombreux objets. Elle est donc devenue planète naine, comme Cérès, Hauméa, Makémaké et Éris, les cinq reconnues par l’Union.

Le chiffre de 12 planètes a circulé avant le vote, mais il correspondait à une proposition abandonnée. Le système solaire compte 8 planètes, puis ces 5 planètes naines reconnues à ce jour.

Ce que vous verrez vraiment, depuis un jardin

À l’œil nu

Les planètes suivent l’écliptique, le chemin apparent du Soleil dans le ciel, car leurs orbites sont presque dans le même plan. Cherchez-les sur cette ligne, jamais près du pôle.

Vénus est le plus brillant des points lumineux, au crépuscule ou avant l’aube. Jupiter est blanche et lumineuse. Mars se reconnaît à sa teinte orangée. Saturne brille d’une lumière jaunâtre, plus discrète. Mercure reste la plus pénible à attraper, toujours basse sur l’horizon, juste après le coucher ou avant le lever du Soleil.

Aux jumelles

Tenues fermement, elles montrent les quatre grosses lunes de Jupiter alignées de part et d’autre du disque. Uranus apparaît comme un point, sans détail.

Avec une lunette de 60 mm

Vous distinguez les bandes sombres de Jupiter. Les anneaux de Saturne apparaissent dès un grossissement modéré, mais leur aspect dépend du diamètre, de la turbulence et du réglage de l’instrument.

Avec un télescope de 200 mm

Il montre des détails sur Mars à l’opposition et Neptune comme un petit disque bleuté.

Ce que vous verrez : une image petite, grise ou pâle, à l’oculaire. Les photographies en longue pose, empilées et traitées, montrent bien plus de détails et de couleurs que l’œil. Ne comparez pas l’une à l’autre.

Jupiter, Saturne et Vénus ont chacun leur page ; Mercure et Mars se repèrent comme des points mobiles, tandis que les planètes lointaines demandent un ciel sombre et de la patience.

Le Soleil et la Lune, deux cibles à part

Ne regardez jamais le Soleil sans protection, même partiellement éclipsé. Seules les lunettes conformes à la norme ISO 12312-2, un filtre solaire placé devant l’ouverture de l’instrument ou la projection sur un carton sont sûrs. Des lunettes de soleil, même très foncées, ne protègent pas.

La Lune, seul satellite naturel de la Terre, est la cible la plus facile : à l’œil nu, aux jumelles et au télescope. Les mers, les cratères et les reliefs changent avec la phase, ce qui en fait une bonne porte d’entrée avant les planètes.

Les petits corps : astéroïdes, comètes et régions lointaines

La plupart des astéroïdes sont trop faibles pour l’œil nu, mais certains se repèrent aux jumelles ou au télescope selon leur magnitude. Nous donnons ces valeurs quand elles sont sourcées.

Les comètes sont des corps de glace et de poussière. En approchant du Soleil, la glace se vaporise et forme une chevelure puis une queue, poussées par le vent solaire. Une comète visible à l’œil nu reste rare : pour savoir laquelle observer, consultez les pages sur les comètes et les éphémérides.

Au-delà de l’orbite de Neptune s’étend la ceinture de Kuiper, peuplée de glaces et de planètes naines comme Pluton. Plus loin encore, le nuage d’Oort est un réservoir hypothétique de comètes, jamais observé directement d’après la NASA.

Les distances : de l’UA à l’année-lumière

L’unité astronomique vaut environ 150 millions de km. Neptune est à environ 30 UA. L’année-lumière, distance parcourue par la lumière en un an, sert pour les étoiles et les galaxies : le Soleil est à environ 26 000 années-lumière du centre de la Voie lactée.

Objet Distance au Soleil Temps de lumière (ordre de grandeur)
Terre 1 UA environ 8 minutes
Jupiter environ 5 UA environ 40 minutes
Neptune environ 30 UA plus de 4 heures
Proxima Centauri environ 4,2 années-lumière environ 4,2 ans

Proxima Centauri est l’étoile connue la plus proche du Soleil.

Par où commencer : le parcours dans ce dossier

Nous proposons l’ordre suivant, du plus simple au plus fin.

  1. Les planètes dans l’ordre. La page ordre des planètes détaille l’ordre, les tailles et les distances, avec des schémas.
  2. La Lune. Cible la plus facile, visible à l’œil nu et aux jumelles : la Lune à chaque grossissement, puis la carte de la Lune phase par phase pour nommer ses cratères.
  3. Les cinq planètes de l’œil nu. Vénus d’abord, puis Jupiter avec ses lunes aux jumelles, Saturne et ses anneaux à la lunette, Mars et sa teinte orangée, enfin Mercure, la plus difficile.
  4. Les planètes lointaines. Uranus et Neptune demandent jumelles ou télescope et une carte.
  5. Les planètes naines. À connaître, pas à viser d’emblée.
  6. Les petits corps. Comètes et astéroïdes : commencez par ce qu’est une comète et comment lire une annonce.
  7. Le calendrier. Les éphémérides donnent les dates, en heure légale française.
  8. L’instrument. Pour choisir ce qui montre quoi, le dossier sur les lunettes et les télescopes sert de repère.

Pour aller plus loin

  • Vénus

    Voir l’astre le plus brillant du ciel après le Soleil et la Lune.

  • Jupiter

    Comprendre ce que montrent les jumelles, puis une lunette.

  • Saturne

    Lire ses anneaux et ses conditions de visibilité.