Sommaire
  1. Carte d’identité de la Lune
  2. La Lune par rapport à la Terre et au Soleil
  3. Même taille apparente que le Soleil
  4. La Lune basse n’est pas plus grande
  5. Pourquoi on voit toujours la même face
  6. La libration : on en voit un peu plus
  7. Ce que vous voyez à chaque instrument
  8. Le terminateur : là où le relief se dessine
  9. Ce que montre l’oculaire, ce que montre une photo en longue pose
  10. Où chercher la Lune selon la phase
  11. Les phases en quatre repères
  12. Quadrature, syzygie et phase partielle
  13. Éclipses de Lune : ce qu’on voit, sans danger
  14. Surface et origine en bref
  15. Pour aller plus loin
  16. Autour de la Lune
3 474 km
diamètre moyen
384 400 km
distance moyenne à la Terre
27,3 jours
pour un tour autour de la Terre
environ -12,7
magnitude en pleine lune

La Lune est l’unique satellite naturel permanent de la Terre. C’est le cinquième plus grand satellite naturel du Système solaire, et le plus grand par rapport à la taille de sa planète parmi les planètes du Système solaire : son diamètre vaut environ le quart de celui de la Terre. Cette fiche donne d’abord sa carte d’identité, puis dit ce que chaque instrument montre vraiment, à l’œil nu, aux jumelles, à la lunette, au télescope, selon la phase. Nous voyons aussi pourquoi son mouvement autour de la Terre règle les marées terrestres, et pourquoi ses phases suivent un cycle sidéral et un cycle synodique différents. Les valeurs physiques viennent des NASA Planetary Fact Sheets, la visibilité depuis la France des éphémérides de l’IMCCE, en heure légale française. Mise à jour de cette page : 2 novembre 2026.

En bref

  • La Lune mesure environ 3 474 km de diamètre, se trouve à 384 400 km en moyenne de la Terre et tourne en 27,3 jours.
  • À l’œil nu, vous voyez surtout les mers ; aux jumelles, les grands cratères ; à la lunette et au télescope, le relief près du terminateur.
  • Le premier quartier et le dernier quartier sont les phases les plus utiles pour lire les ombres et le relief.
  • La pleine lune montre surtout les contrastes de teinte ; elle est moins favorable pour détailler le relief.
  • Une éclipse de Lune s’observe sans protection, contrairement à une éclipse de Soleil.

Carte d’identité de la Lune

La grille ci-dessous est la même pour tous les astres de la rubrique. Les valeurs sont arrondies : le mot « environ » l’indique. Quand une source donne plusieurs écritures proches, nous retenons une valeur moyenne cohérente avec l’usage astronomique. Une valeur qui n’est pas utile à l’observation n’est pas retenue dans la grille.

Image de la vidéo « @Le_Chimiste : il mesure le diamètre de la lune avec QUASI RIEN ! » de CurieuxLive
@Le_Chimiste : il mesure le diamètre de la lune avec QUASI RIEN !
Propriété Valeur Source
Diamètre moyen environ 3 474 km NASA Planetary Fact Sheets
Rayon équatorial environ 1 738 km NASA Planetary Fact Sheets
Masse environ 7,35 × 10²² kg NASA Planetary Fact Sheets
Gravité de surface environ 1,62 m/s² NASA Planetary Fact Sheets
Distance moyenne à la Terre environ 384 400 km NASA Planetary Fact Sheets
Périgée moyen environ 363 300 km NASA Planetary Fact Sheets
Apogée moyen environ 405 500 km NASA Planetary Fact Sheets
Distance Terre-Lune au fil de l’année environ 357 000 à 407 000 km NASA Planetary Fact Sheets
Période de révolution environ 27,3 jours NASA Planetary Fact Sheets
Période synodique, entre deux pleines lunes environ 29,5 jours NASA Planetary Fact Sheets
Inclinaison de l’orbite sur l’écliptique environ 5° NASA Planetary Fact Sheets
Albédo géométrique environ 0,12 NASA Planetary Fact Sheets
Températures de surface à l’équateur environ -178 °C à 117 °C NASA Planetary Fact Sheets

Le périgée est le point de l’orbite le plus proche de la Terre, l’apogée le plus éloigné. L’albédo mesure la part de lumière solaire réfléchie : 0 pour un corps noir, 1 pour un miroir parfait.

Pourquoi vous croisez 3 474, 3 475 ou 3 476 km selon les sites : la Lune est très légèrement aplatie. Le diamètre à l’équateur est un peu plus grand que celui mesuré d’un pôle à l’autre, et chaque source arrondit à sa manière. Nous retenons ici le diamètre moyen, plus parlant pour comparer les astres entre eux.

La Lune par rapport à la Terre et au Soleil

Propriété Lune Terre Rapport
Diamètre environ 3 474 km environ 12 742 km environ un quart
Masse environ 7,35 × 10²² kg environ 5,97 × 10²⁴ kg environ 1/81
Gravité de surface environ 1,62 m/s² environ 9,8 m/s² environ 1/6

La distance moyenne Terre-Lune représente environ trente fois le diamètre de la Terre. On pourrait aligner une trentaine de Terres entre les deux astres.

Même taille apparente que le Soleil

Le diamètre apparent est l’angle sous lequel on voit un astre. Celui de la Lune vaut environ un demi-degré, quasiment le même que celui du Soleil. Le Soleil est environ 400 fois plus grand que la Lune, mais aussi environ 400 fois plus loin. C’est cette coïncidence qui permet les éclipses totales de Soleil et les éclipses annulaires, quand le disque lunaire ne couvre pas tout le disque solaire.

La Lune

  • Diamètre environ 3 474 km
  • Distance environ 384 400 km
  • Apparent : environ un demi-degré

Le Soleil

  • Diamètre environ 400 fois plus grand
  • Distance environ 400 fois plus grande
  • Apparent : environ un demi-degré

Sécurité : ne regardez jamais le Soleil sans protection, même partiellement éclipsé. Seules les lunettes conformes à la norme ISO 12312-2, un filtre solaire posé devant toute l’ouverture de l’instrument ou la projection sur un carton sont sûrs.

La Lune basse n’est pas plus grande

La Lune près de l’horizon paraît énorme, mais elle ne grossit pas parce qu’elle est basse. C’est une illusion de perception, pas un effet réel d’optique. Pour le vérifier, tendez le bras et couvrez la Lune avec le pouce quand elle est basse, puis refaites le geste quand elle est haute : elle disparaît derrière le pouce dans les deux cas.

La confusion vient souvent du décor. L’horizon donne des repères de taille, des arbres, des toits, des collines, et le cerveau exagère l’écart. Dans un ciel vide, la Lune redevient ce qu’elle est vraiment : un disque proche d’un demi-degré. Sa taille apparente varie bien un peu selon sa distance à la Terre, mais pas parce qu’elle touche l’horizon.

Pourquoi on voit toujours la même face

La Lune met environ 27,3 jours à faire un tour autour de la Terre, et environ 27,3 jours à tourner une fois sur elle-même. Les deux durées sont égales : c’est la rotation synchrone. Imaginez que vous marchiez autour d’une chaise en gardant le visage tourné vers elle : vous faites un tour de chaise et, au même moment, un tour sur vous-même. La chaise ne voit jamais votre dos.

La face cachée n’est pas une face sombre. Elle reçoit le Soleil elle aussi, notamment à la nouvelle lune. Elle porte moins de mers sombres et davantage de cratères que la face visible.

La libration : on en voit un peu plus

L’orbite de la Lune est une ellipse et elle est inclinée : la Lune semble donc se balancer légèrement d’un bord à l’autre au fil du mois. Ce balancement s’appelle la libration. Il permet d’apercevoir, au fil du temps, un peu plus de la moitié de la surface, environ 59 %. L’effet se remarque surtout au bord du disque, au télescope, quand les détails sont déjà bien visibles.

Cette légère oscillation ne change pas la physique de l’astre, mais elle change notre lecture de son relief. Sur une carte lunaire, on comprend alors mieux la logique des bords du disque, les mers proches du limbe, et les formations qui passent de partiellement visibles à franchement lisibles selon la libration et l’angle d’éclairage.

Ce que vous voyez à chaque instrument

Tout est dans la phase. Près de la pleine lune, le Soleil éclaire la surface presque à la verticale : les ombres disparaissent et le relief s’aplatit, mais les contrastes de teinte ressortent. Près des quartiers, la lumière est rasante et le relief se dessine. Ce tableau relie chaque instrument à ce qu’il montre et à la meilleure phase.

Surface lunaire au premier quartier, avec terminateur net, cratères visibles et ombres allongées
La Lune un peu plus qu’à moitié éclairée : le long du terminateur, à droite, les cratères ressortent par leurs ombres. · Photo: Lune au premier quartier, Edson Guilherme, Pexels License
Avec quel instrument Ce que vous verrez Meilleure phase
Œil nu Les mers : taches grises sombres sur fond clair. Les rayons de Tycho ne se résolvent pas. Pleine lune pour le contraste des mers ; le relief reste très limité
Jumelles 10×50 tenues fermement, un appui aide Les grands cratères, le contour des mers, des chaînes de montagnes près du terminateur Du croissant épais au premier quartier
Lunette de 70 mm à 50× Copernic, Tycho et ses rayons, les Apennins Tycho et ses rayons vers la pleine lune ; Copernic et les reliefs plus marqués près du terminateur
Télescope de 200 mm à 150× Rainures, dômes, petits cratères Autour du premier et du dernier quartier, au terminateur

Les formations citées s’identifient sur une carte de la Lune : la carte de la Lune vous aide à les nommer.

Le terminateur : là où le relief se dessine

Le terminateur est la ligne qui sépare la partie éclairée de la partie sombre. Là, le Soleil est rasant : chaque cratère, chaque montagne jette une ombre longue qui révèle sa forme. Au fil des nuits, le terminateur avance sur la surface et dévoile d’autres régions.

C’est pour cela que la pleine lune, si nette à l’œil nu, devient moins intéressante pour lire le relief. Le disque reste éclatant, mais les ombres qui donnent du volume ont presque disparu. Si vous observez souvent la Lune, vous finirez par préférer les quartiers. C’est moins spectaculaire pour quelqu’un qui veut juste un disque blanc, mais bien plus riche pour suivre les formes.

Ce que montre l’oculaire, ce que montre une photo en longue pose

Ce que vous verrez : un disque gris clair, sans couleur nette, aux ombres noires près du terminateur. Une photo en longue pose, ou empilée, montre un contraste plus fort et des teintes subtiles qui n’apparaissent pas à l’œil. Ne prenez pas cette image pour la vue de l’oculaire : elle montre ce que l’appareil accumule, pas ce que votre œil perçoit.

À fort grossissement, la turbulence de l’air peut brouiller les détails avant que le diamètre de l’instrument ne limite l’image. C’est le seeing, et la Lune le montre très vite. Les nuits calmes, un petit instrument bien réglé peut donner une image plus agréable qu’un gros tube agité. Sur la Lune, nous préférons généralement rester raisonnables sur le grossissement plutôt que courir après un chiffre flatteur.

Où chercher la Lune selon la phase

  • Croissant : au crépuscule, à l’ouest, peu après le coucher du Soleil.
  • Premier quartier : en soirée, vers le sud.
  • Pleine lune : à l’opposé du Soleil, elle se lève quand il se couche.
  • Dernier quartier : en fin de nuit et le matin.

L’IMCCE publie les heures de lever et de coucher pour Paris, en heure légale française. Selon votre position en France, l’heure varie un peu, mais l’ordre des choses ne change pas : la phase dicte la direction, puis l’heure affine la recherche.

Les phases en quatre repères

La moitié de la Lune tournée vers le Soleil est toujours éclairée. La phase dépend de l’angle entre le Soleil, la Terre et la Lune : nous voyons plus ou moins cette moitié éclairée.

  • Nouvelle lune : la face éclairée est tournée à l’opposé de nous, nous ne voyons rien.
  • Premier quartier : une moitié du disque est éclairée, le soir.
  • Pleine lune : le disque est entièrement éclairé.
  • Dernier quartier : l’autre moitié du disque est éclairée, en fin de nuit.

Entre les quartiers, le croissant et la lune gibbeuse, plus de la moitié éclairée mais pas encore le disque entier, font la transition. Le cycle complet dure environ 29,5 jours, la période synodique. La Lune ne produit aucune lumière : elle réfléchit celle du Soleil, avec un albédo géométrique faible d’environ 0,12. C’est pour cela qu’elle peut paraître éclatante sans être lumineuse par elle-même.

Le calendrier lunaire suit ce cycle, utile pour lire d’un coup d’œil la phase du soir. Le cycle sidéral, lui, décrit le retour de la Lune devant les étoiles. Ces deux repères n’ont pas la même durée, parce que la Terre avance elle aussi sur son orbite pendant que la Lune tourne autour d’elle. Ce décalage entre calendrier et position réelle explique aussi pourquoi la Lune croissante et la Lune décroissante ne reviennent pas au même horaire d’un mois sur l’autre.

Quadrature, syzygie et phase partielle

En astronomie, la syzygie désigne l’alignement Soleil Terre Lune : nouvelle lune ou pleine lune. La quadrature correspond au premier quartier ou au dernier quartier, quand le Soleil et la Lune sont vus à 90° de distance sur le ciel. Entre les deux, on parle de phase partielle : le disque est éclairé sur plus ou moins la moitié, mais pas complètement. Retenir ces trois mots aide à comprendre pourquoi une éclipse ne se produit pas à chaque nouvelle lune ni à chaque pleine lune.

Éclipses de Lune : ce qu’on voit, sans danger

Une éclipse de Lune se produit quand la Terre se place entre le Soleil et la Lune : la Lune entre dans l’ombre de la Terre. Cela ne peut arriver qu’à la pleine lune, mais toutes les pleines lunes n’en produisent pas. L’orbite lunaire est inclinée d’environ 5°, et la Lune passe le plus souvent au-dessus ou au-dessous de l’ombre. Les nœuds de l’orbite, là où la trajectoire coupe le plan de l’écliptique, décident du passage exact.

Pendant une éclipse totale, la Lune devient rouge. L’atmosphère terrestre diffuse davantage la lumière bleue et laisse surtout passer une lumière rouge réfractée vers l’ombre. La couleur change donc parce que notre atmosphère agit comme un filtre naturel. L’eau et les poussières en suspension modulent un peu cette teinte, mais l’effet principal vient de la diffusion atmosphérique.

Contrairement à l’éclipse de Soleil, une éclipse de Lune s’observe à l’œil nu, sans protection, et aux jumelles. Les dates à venir sont sur notre page éclipse de Lune, et la phase du soir dans le calendrier des phases de la Lune.

Surface et origine en bref

La surface lunaire montre deux terrains : des mers, vastes plaines de basalte sombre, et des hautes terres plus claires, couvertes de cratères. La Lune n’a qu’une exosphère très ténue : rien n’efface les cratères comme le feraient une atmosphère dense, la pluie ou le vent. C’est une des raisons pour lesquelles elle ressemble à un sol gelé dans le temps.

La Lune se serait formée il y a environ 4,5 milliards d’années, à la suite d’un impact géant entre la Terre et un corps de la taille de Mars. Les débris se seraient rassemblés en orbite. Entre 1969 et 1972, douze astronautes du programme Apollo ont marché à sa surface. Ces missions ont montré qu’un humain pouvait marcher sur un autre corps céleste et ont rapporté environ 382 kg d’échantillons lunaires.

Cette histoire appartient aussi à l’exploration spatiale. Le programme Apollo a ouvert la voie à d’autres missions, puis à des sondes comme Lunar Reconnaissance Orbiter, qui cartographient la surface avec une précision impossible à l’œil nu. Nous ne voyons pas la même chose qu’une sonde spatiale, mais la logique reste la même : lire le relief à partir de la lumière rasante.

La Lune s’éloigne de la Terre d’environ 3,8 cm par an. Cette dérive compte à l’échelle géologique, pas à l’échelle d’une nuit d’observation. Pour vous, ce qui change vraiment d’une séance à l’autre, c’est la phase, l’heure, et la hauteur dans le ciel.

Pour aller plus loin

Autour de la Lune