Sommaire
  1. Lire la carte : l’orientation à l’œil nu et dans l’instrument
  2. Les 25 formations de la carte : taille et jour de la lunaison
  3. Que viser ce soir, selon la phase
  4. Mer, cratère, chaîne de montagnes, rayons : ce que vous lisez sur la carte
  5. Ce que vous verrez vraiment, et ce que montre une photo
  6. Face visible et face cachée : pourquoi la carte s’arrête là

Voici la carte de la face visible de la Lune, dessinée pour l’observation : 25 formations numérotées, mers, grands cratères, chaîne des Apennins, avec pour chacune le jour de la lunaison où elle passe au terminateur, c’est-à-dire dans une lumière rasante. Elle sert à repérer un cratère ce soir, à l’oculaire ou aux jumelles.

Elle existe en deux variantes, sans formulaire à remplir :

  • Variante A, œil nu et jumelles : nord en haut, comme la Lune se présente depuis la France.
  • Variante B, lunette ou télescope à image retournée : la même carte tournée de 180 degrés.
Carte de la face visible de la Lune, nord en haut, avec les mers en gris et 25 formations numérotées de Mare Crisium à Bailly

Carte de la Lune, variante A (œil nu et jumelles)

SVG, A4

CC0

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Nord en haut. Imprimez à 100 % et repérez d’abord Mare Crisium, numéro 1, en haut à droite.

Carte de la face visible de la Lune tournée de 180 degrés, sud en haut, comme dans une lunette sans diagonale ou un télescope Newton

Carte de la Lune, variante B (image retournée)

SVG, A4

CC0

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Sud en haut, pour une lunette sans diagonale ou un télescope Newton : Mare Crisium passe en bas à gauche.

Fiche technique : 25 formations numérotées, impression en A4 à 100 %, fichier SVG. Licence : CC0, libre de copier, modifier et redistribuer. Les jours de lunaison viennent d’un calcul à partir des coordonnées des formations, avec les phases de l’IMCCE pour caler la date du soir. La date de mise à jour figure en tête de page.

En bref

  • La carte montre la face visible de la Lune comme à l’oculaire, avec 25 formations repérées par numéro et par jour de lunaison.
  • Prenez la variante A à l’œil nu et aux jumelles ; prenez la variante B si votre instrument retourne l’image.
  • Le terminateur fait ressortir le relief : c’est là qu’un cratère se lit le mieux.
  • Chaque formation indique une taille et une fenêtre de visibilité, pour savoir quoi viser selon la phase.
  • Le fichier s’imprime en A4 à 100 %, au format SVG, sous licence CC0.
  • Pour la date exacte du soir, croisez la carte avec les phases calculées par l’IMCCE.

Lire la carte : l’orientation à l’œil nu et dans l’instrument

La Lune ne se présente pas dans le même sens selon ce que vous tenez.

Une lunette sans diagonale ou un télescope de type Newton retourne l’image, haut en bas et gauche à droite.

Une diagonale à miroir ne corrige qu’une partie du problème : le haut reste en haut, mais la droite et la gauche s’échangent.

Des jumelles gardent l’image droite.

Pour vous orienter, prenez un repère simple : Mare Crisium, une mer sombre et ovale près du bord. Depuis la France, à l’œil nu, elle se trouve en haut à droite du disque.

Instrument Haut de l’image Mare Crisium Carte à utiliser
Œil nu Nord En haut à droite A
Jumelles Nord En haut à droite A
Lunette sans diagonale, télescope de type Newton Sud En bas à gauche B
Lunette avec diagonale à miroir Nord En haut à gauche A, vue par transparence (verso de la feuille)

Nous parlons en haut, bas, droite, gauche, pas en est et ouest : la convention de l’Union astronomique internationale pour la Lune ne désigne pas le même sens que celui du ciel, et c’est une source classique de confusion au début.

Le terminateur est la ligne qui sépare le jour de la nuit sur la Lune.

Le bon réflexe est simple : repérez d’abord une mer sombre bien visible, puis faites tourner la carte jusqu’à ce qu’elle corresponde à ce que vous voyez.

Pour replacer ce que vous observez dans l’ensemble du système solaire, vous pouvez aussi commencer par les planètes dans l’ordre, et ce qu’on en voit depuis la Terre.

Les 25 formations de la carte : taille et jour de la lunaison

La sélection couvre toute la face visible : mers, grands cratères, la chaîne des Apennins et Mare Tranquillitatis, où se posa Apollo 11 dans le programme Apollo.

Les diamètres de Albategnius (131 km), Aristarque (40 km), Aristoteles (88 km), Bailly (301 km), Clavius (231 km), Copernic (96 km) et Fra Mauro (97 km) reprennent la liste de référence des cratères.

Les autres tailles sont arrondies et précédées de « environ ».

Le jour de la lunaison est l’âge de la Lune, compté depuis la nouvelle Lune. Chaque formation a deux passages au terminateur : au lever du Soleil sur elle, pendant la Lune croissante, puis à son coucher, pendant la Lune décroissante.

Les jours sont donnés en fourchette de deux jours, déduits des coordonnées des formations : la libration peut les décaler d’un jour.

Pour la phase exacte de ce soir, croisez avec les éphémérides de l’IMCCE.

N° Formation Type Taille Jours lever / coucher Instrument minimal
1 Mare Crisium Mer environ 550 km 2 à 3 / 17 à 18 Œil nu
2 Langrenus Cratère environ 130 km 2 à 3 / 17 à 18 Jumelles
3 Petavius Cratère environ 180 km 2 à 3 / 17 à 18 Jumelles
4 Mare Fecunditatis Mer environ 900 km 3 à 4 / 18 à 19 Œil nu
5 Mare Tranquillitatis (Apollo 11) Mer environ 870 km 4 à 5 / 19 à 20 Œil nu
6 Theophilus Cratère environ 100 km 5 à 6 / 20 à 21 Jumelles
7 Mare Serenitatis Mer environ 700 km 5 à 6 / 20 à 21 Œil nu
8 Aristoteles Cratère 88 km 6 à 7 / 21 à 22 Jumelles
9 Albategnius Cratère 131 km 7 à 8 / 21 à 22 Jumelles
10 Ptolemaeus Cratère environ 150 km 7 à 8 / 22 à 23 Jumelles
11 Apennins Chaîne environ 600 km de long 7 à 8 / 22 à 23 Jumelles
12 Archimède Cratère environ 80 km 7 à 8 / 22 à 23 Jumelles
13 Mare Imbrium Mer environ 1 100 km 8 à 10 / 23 à 25 Œil nu
14 Platon Cratère environ 100 km 8 à 9 / 22 à 23 Lunette de petit diamètre
15 Eratosthène Cratère environ 60 km 8 à 9 / 23 à 24 Jumelles
16 Tycho Cratère environ 85 km 8 à 9 / 23 à 24 Œil nu (rayons à la pleine Lune)
17 Clavius Cratère 231 km 8 à 9 / 23 à 24 Jumelles
18 Fra Mauro Cratère 97 km 8 à 9 / 23 à 24 Lunette de petit diamètre
19 Copernic Cratère 96 km 9 à 10 / 24 à 25 Jumelles
20 Kepler Cratère environ 30 km 10 à 11 / 25 à 26 Lunette de petit diamètre
21 Mare Humorum Mer environ 400 km 10 à 11 / 25 à 26 Jumelles
22 Aristarque Cratère 40 km 11 à 12 / 26 à 27 Jumelles
23 Oceanus Procellarum Mer environ 2 500 km 11 à 13 / 26 à 28 Œil nu
24 Grimaldi Bassin environ 170 km 12 à 13 / 27 à 28 Jumelles
25 Bailly Cratère 301 km 12 à 13 / 27 à 28 Lunette (près du bord)

Si vous ne retenez qu’une formation, commencez par Copernic : un cratère de 96 km, entouré de rayons, qui ressort très nettement aux jumelles autour de la Lune gibbeuse croissante.

C’est un bon test pour voir si votre carte est bien orientée.

Que viser ce soir, selon la phase

Pourquoi viser le terminateur : la lumière rasante allonge les ombres et fait ressortir le relief, remparts, pics centraux, chaînes de montagnes.

Près de la pleine Lune, le Soleil éclaire presque à la verticale et le relief s’aplatit.

  • Croissante

    Mare Crisium, Langrenus et Petavius, numéros 1 à 3, à l’œil nu et aux jumelles, puis Mare Tranquillitatis, numéro 5.

  • Premier quartier

    Albategnius, Ptolemaeus, les Apennins et Archimède, numéros 9 à 12, aux jumelles, Platon, numéro 14, en lunette de petit diamètre.

  • Gibbeuse croissante

    Tycho, Clavius et Copernic, numéros 16, 17 et 19, aux jumelles, Kepler, numéro 20, en lunette.

  • Pleine Lune

    Tycho et Copernic montrent leurs rayons clairs, numéros 16 et 19, les mers se détachent par leur teinte. Le relief est peu lisible, et l’éblouissement devient vite gênant, surtout à l’oculaire.

  • Décroissante

    le terminateur passe côté est, par ordre inverse, avec Aristarque et Grimaldi, numéros 22 et 24, puis Copernic, Tycho, jusqu’à Mare Crisium, numéro 1, en dernier.

Pour savoir quelle phase vous avez ce soir, consultez le calendrier des phases de la Lune.

Nous ne citons pas de jour de calendrier ici : il faut les dates calculées par l’IMCCE, en heure légale française.

Mer, cratère, chaîne de montagnes, rayons : ce que vous lisez sur la carte

Les mers sont des plaines sombres de lave solidifiée, du basalte.

La Lune au premier quartier avec un terminateur net, les cratères et les mers bien visibles sur fond noir
Gros plan sur le terminateur : près de la limite entre le jour et la nuit, les cratères ressortent par leurs ombres. · Photo: Lune au premier quartier, Rino Adamo, Pexels License

Les premiers observateurs les ont baptisées « mers » : il n’y a pas d’eau liquide.

Les cratères sont creusés par des impacts d’astéroïdes.

Sans atmosphère dense, sans vent et sans eau liquide qui ruisselle, les reliefs lunaires se conservent très longtemps, ce que décrivent aussi les fiches scientifiques de la NASA sur la surface lunaire.

Les chaînes de montagnes, comme les Apennins, bordent les grands bassins d’impact.

Les rayons sont des traînées claires de matière éjectée autour des cratères récents : c’est ce qui rend Tycho et Copernic faciles à reconnaître.

Le plus grand cratère de cette sélection est Bailly, avec 301 km.

Le plus grand bassin connu est le bassin Pôle Sud-Aitken, sur la face cachée, avec environ 2 500 km de large.

Ce que vous verrez vraiment, et ce que montre une photo

À l’œil nu, vous verrez des mers sombres et des zones claires, pas une carte détaillée des cratères.

Tycho saute parfois aux yeux à la pleine Lune, avec ses rayons, mais l’ensemble reste schématique.

Aux jumelles, tenues sur un appui stable, plusieurs grands cratères deviennent lisibles au terminateur, avec les mers bien découpées.

C’est le bon outil pour commencer.

Dans une lunette ou un télescope, les remparts, les ombres et les pics centraux apparaissent en niveaux de gris.

La couleur ne vient pas du relief, elle vient surtout de l’optique et du traitement de l’image.

Les images de la sonde LRO de la NASA, le Lunar Reconnaissance Orbiter de cette agence spatiale, montrent beaucoup plus de détails et de contraste que l’œil.

Une photographie en pose longue, elle aussi, n’est pas ce que l’œil verra.

Notre carte est un repère, pas une photographie.

Pour passer à l’image, voyez notre page sur la photographie de la Lune.

Face visible et face cachée : pourquoi la carte s’arrête là

La Lune tourne sur elle-même en un temps égal à sa révolution autour de la Terre : c’est la rotation synchrone.

Nous voyons donc toujours la même face.

De légères oscillations, la libration, laissent apercevoir environ 59 % de la surface au total.

La face cachée est cartographiée par des sondes, dont LRO de la NASA.

Elle compte moins de mers et davantage de cratères.

Elle est cachée et non sombre : elle reçoit autant de lumière du Soleil que l’autre.

Pour la fiche d’identité de notre satellite, consultez la page de la Lune.